
Son premier voyage en Espagne remonte aux vacances de Février 96. Il était parti en famille direction le Languedoc Roussillon.
Sa famille avait loué un gîte face aux vignes. Après des journées harassantes de marche à pied, ils s’accordaient un repos bien mérité à l’ombre des oliviers… (enfin ça c’est le souvenir, on ne peut plus cliché d’un enfant normand qui voyage dans le sud)
Bref pendant ce séjour, il a fêté ses 10 ans, vu pour la première fois la Méditerranée ( normalement habitué à sa bonne mer de la Manche) et quitté son pays pour en rejoindre un autre.
Ce pays retrouvé et bien c’était l’Espagne.
Ils ne sont pas restés longtemps. Une journée seulement mais qui a suffit pour lui laisser quelques bribes de souvenirs…
Le matin du départ pour l’Espagne, il a le souvenir d’entendre son frère se moquer de lui parce qu’il souriait pendant son sommeil. Savait-il seulement le plaisir et l’envie qu’allait lui procurer cette aventure Hispanique…
Ils partirent de Pomérols pour aller à Figueras soit une distance de 170 km: une éternité pour l’impatience d’un gamin de 10 ans.
Le Pic du Canigou se dressait devant eux. Il était sans voix. (au passage c’était aussi la première fois qu’il voyait une chaîne de montagnes) Ses yeux fixaient l’horizon et essayés d’être en avance sur la voiture.
Un panneau où on pouvait lire « Alto Frontera » dernière trace d’une frontière qui venait de disparaître un an plus tôt. Quelques gardes civiles armés jusqu’aux dents pour faire acte de présence.Il y était. Cette fois ci il n’était plus dans son pays.
Ailleurs, désormais il respirait Espagne, il pensait Espagne, son corps tout entier vivait Espagne.
Tout était différent, les gens, leurs maisons, leur écriture, leur façon de parler.
Fasciné, effrayé, il ne ratait pas une miette de ce « spectacle salsa picante ».
Lorsqu’ils sont arrivés à Figueras et qu’ils sont descendus , il avait l’impression d’être le premier français à poser le pied sur le sol Espagnol.
Le décor semblait être posé la pour eux. Des petites rues étroites d’où raisonnait la ferveur de quelques voix hispaniques. Un spectacle sous l’oeil d’un ciel « azul » tout aussi cliché.
L’ignorance du gamin français qui ne différencie l’Espagne du Mexique, le pousse à ramener un souvenir d’ici…
Coiffé d’un sombrero jaune pétant , il arpente les rues tel un guérilleros. Il ne comprend pas pourquoi les autochtones le regardent sans cesse. » Ils n’apprécient sans doute pas qu’un étranger porte leur coiffe traditionnelle? » Qu’importe ce qu’on pense de lui…Il le porte fièrement comme un signe d’appartenance à leur pays.
La chaleur ardente les oblige à se désaltérer. Première confrontation idiomatique avec un barman espagnol.
Ses parents ne parlent pas la langue de Cervantes, lui non plus. Il décide de prendre un cola avec un peu de sirop de Fraise.
Mais comment se faire comprendre? Sa mère munie d’un dictionnaire, cherche la signification: fresa.
Ce sera donc un Cola fresa.
L’échange a fonctionné, quel sentiment de fierté que d’avoir réussi à se faire comprendre par un homme qui ne parle pas la même langue .
Le temps d’une prononciation le cola est devenue pour lui espagnol.
La suite de cette journée haute en couleurs, allait, pour ce gamin de 10 ans, se trouver chamboulée par la folie d’un peintre, qui comme lui aimait le chocolat.
Derrière le regard d’un enfant qui scrute béatement les oeuvres de Dali, il y a tout l’amalgame culturel qu’il peut en faire: Les espagnols auraient ils tous des voitures dans lesquelles il pleut ? Seraient-ils tous aussi hurluberlus que l’investigateur de ce musée?
L’enfant au sombrero au milieu de toutes ces oeuvres constituait à lui seul un tableau de Dali.
Apres cette visite, il était temps de briser un peu le rêve et de retomber dans une réalité un peu plus Française.
Lors de la rentrée scolaire, cet enfant n’ a pu s’empêcher de répondre à la question de l’institutrice, questionnant ses élèves sur ce qu’ils avaient fait de leurs vacances.
Toujours est il que le spectacle de fin d’année qui eu lieu cette année là, fût sur le thème du « Flamenco », histoire sans doute de continuer l’aventure ibérique…